Au moins 200 personnes étaient portées disparues dimanche dans le nord de l’Inde après la rupture d’un glacier de l’Himalaya, qui a provoqué une crue éclair en tombant dans une rivière.La plupart des 200 disparus sont des employés des deux centrales électriques ravagées par le déluge.© STRINGER/Reuters La plupart des 200 disparus sont des employés des deux centrales électriques ravagées par le déluge.

«Au moins trois corps» ont déjà été retrouvés «dans le lit de la rivière», a déclaré un porte-parole de la police de l’État de l’Uttarakhand.

L’énorme masse d’eau a dévasté la vallée de la rivière Dhauliganga, détruisant tout sur son passage, submergeant deux centrales électriques et emportant un barrage, des routes et des ponts, selon les images prises par des habitants terrifiés.

«C’est arrivé très vite, il n’y avait pas le temps d’alerter qui que ce soit», a expliqué un témoin, Sanjay Singh Rana, qui habite en hauteur des rives du cours d’eau, dans le village de Raini. «J’ai eu l’impression que même nous, nous pouvions être emportés».

«Il y avait un nuage de poussière quand l’eau est passée. La terre tremblait comme lors d’un séisme», a déclaré un autre habitant, Om Agarwal, à la télévision indienne.Le glacier himalayen s'est écrasé contre un barrage du village de Raini Chak Lata dans la région de Chamoli, au nord de l'État d'Uttarakhand, en Inde.© STRINGER/Reuters Le glacier himalayen s’est écrasé contre un barrage du village de Raini Chak Lata dans la région de Chamoli, au nord de l’État d’Uttarakhand, en Inde.

Des survivants coincés dans un tunnel

La plupart des 200 disparus sont des employés des deux centrales électriques ravagées par le déluge, causé par la chute de l’énorme morceau de glacier qui s’est détaché d’une paroi de la montagne en amont, a expliqué le chef de la police de l’Uttarakhand, Ashok Kumar,

«Il y avait près de 50 employés à la centrale de Rishi Ganga et nous n’avons aucune information les concernant. Il y avait 150 employés à Tapovan», une autre centrale électrique, a indiqué M. Kumar.

Il a précisé à la presse que les 50 ouvriers travaillant sur le barrage hydroélectrique de Rishi Ganga étaient probablement morts, même si d’autres employés ont pu être secourus.

«Une vingtaine sont encore coincés dans un tunnel. Nous essayons de secourir les employés bloqués», a-t-il ajouté.

La route principale ayant été emportée, le tunnel est rempli de boue et de roches. Les secouristes ont dû utiliser des cordes pour réussir à atteindre l’entrée. Des centaines de militaires et paramilitaires, ainsi que des hélicoptères et des avions militaires, ont été mobilisés dans la région.

Les équipes de sauveteurs s’efforcent également d’évacuer d’urgence des dizaines de villages dans la région.

Les autorités ont vidé par précaution deux barrages pour empêcher les eaux torrentielles de gonfler le Gange dans les villes de Rishikesh et Haridwar, et ont interdit aux habitants des deux villes de s’approcher des rives du fleuve sacré.Les équipes de secours sont déployées à Srinagar, dans l'État d'Uttarakhand, et tentent de parvenir jusqu'au tunnel où des personnes étaient prises au piège.© /afp via getty images Les équipes de secours sont déployées à Srinagar, dans l’État d’Uttarakhand, et tentent de parvenir jusqu’au tunnel où des personnes étaient prises au piège.

L’Uttarakhand est un État indien situé dans le massif de l’Himalaya et où le Gange prend sa source. La plupart des villages en cours d’évacuation se situent sur des collines surplombant la rivière, qui est un affluent du Gange.

Les villages dans les montagnes surplombant la rivière ont été évacués, mais le plus gros du danger est passé, ont indiqué les autorités alors que la nuit tombait dimanche soir.

De nombreux utilisateurs des réseaux sociaux ont filmé ou photographié le désastre. Des vidéos montrent la masse d’eau ravageant une étroite vallée sous une centrale électrique, laissant les routes et les ponts détruits sur son passage.

«L’Inde se tient aux côtés des habitants de l’Uttarakhand et la nation prie pour la sécurité de tous dans cette région», a déclaré sur Twitter le premier ministre Narendra Modi.

Les barrages hydroélectriques sur la sellette

L’État voisin de l’Uttar Pradesh, le plus peuplé d’Inde, s’est placé en état d’alerte pour les crues. L’Uttarakhand, dans l’Himalaya, est fréquemment le théâtre d’inondations et de glissements de terrain.

En juin 2013, des pluies torrentielles avaient provoqué la mort de près de 6000 personnes. Cette catastrophe a été surnommée le «tsunami himalayen» en raison des torrents d’eau et de boue qui avaient tout emporté sur leur passage, maisons, bâtiments, routes et ponts.

Uma Bharti, ancienne ministre des Ressources hydrauliques et dirigeante du parti de Narendra Modi, a critiqué la construction d’un barrage dans ce secteur.

Des experts des questions environnementales ont aussi appelé à la suspension des grands projets hydroélectriques dans l’État de l’Uttarakhand.

«Cette catastrophe appelle une nouvelle fois à un examen sérieux de la frénésie de construction de barrages hydroélectriques dans cette région sensible sur le plan écologique», a dit Ranjan Panda, du Combat Climate Change Network.

«Le gouvernement ne devrait plus ignorer les avertissements des experts et arrêter de construire des projets hydroélectriques et des réseaux denses d’autoroutes dans cet écosystème fragile», a-t-il ajouté.

Quatorze glaciers surplombent la rivière dans le parc national Nanda Devi. Ils font l’objet d’études scientifiques, à cause d’inquiétudes grandissantes concernant le changement climatique et la déforestation.

 CBC/Radio-Canada

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