Quand l'anodin devient une information

“les déclarations de soutien aveugle ou de condamnation ne régleront en rien la situation”, Daniel Edah sur la crise Bénin-Niger

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Daniel Edah se prononce sur la crise Bénin-Niger. A travers un communiqué publié ce mercredi 15 mai, il “invite les autorités du Niger et du Bénin ainsi que leurs soutiens dans les médias et sur les réseaux sociaux à créer les conditions de reprise du dialogue entre les deux États en faisant montre d’humilité dans leurs déclarations et publications respectives”, soulignant que “les déclarations de soutien aveugle ou de condamnation ne régleront en rien la situation”. 

COMMUNIQUÉ AU SUJET DU BRAS DE FER ENTRE LE BÉNIN ET LE NIGER

Depuis la décision du Président de la République du Bénin d’empêcher l’enlèvement du pétrole nigérien au port minéralier de Sèmè en réponse au refus des autorités nigériennes de rouvrir leurs frontières avec le Bénin après la levée des sanctions de la CEDEAO, nous nous retrouvons dans une impasse quant à l’avenir de nos relations avec le Niger.

Les autorités du Niger de leur côté estiment que le maintien de la fermeture de leurs frontières est pour leur sécurité en accusant le Bénin d’abriter des bases militaires étrangères et des terroristes pour déstabiliser le Niger.

Il s’est installé un dialogue de sourd entre COTONOU et NIAMEY alors qu’à l’intérieur du Bénin, en lieu et place d’une juste appréciation de la situation en rapport avec nos intérêts pour accompagner une sortie de crise honorable pour les deux parties, la politique politicienne est activée.

D’une part, des déclarations de soutien partisan pour fouetter les égos des dirigeants béninois et rejeter tous les torts sur le Niger se multiplient.

D’autre part, nous assistons à des condamnations tous azimuts d’une démarche conflictuelle dans laquelle le gouvernement et ses soutiens disent ne pas se retrouver.

Les guerres de déclarations médiatiques ne changent en rien les souffrances des opérateurs économiques béninois, du port autonome de Cotonou en baisse de régime et des populations béninoises prises au piège du zèle non calculé des autorités béninoises dans la mise en œuvre des sanctions de la CEDEAO contre le Niger.

Le maintien du statut quo pénalise à la fois le Niger et le Bénin. Il faut rétablir le dialogue et restaurer la confiance entre les deux pays.

Peu importe les raisons légales ou légitimes qui justifient les positions respectives du Bénin et du Niger, la vérité est que les populations nigériennes et béninoises ont déjà assez souffert de la crise entre les deux pays et la normalisation des relations devient un impératif pour les économies respectives du Niger et du Bénin ainsi que de leurs populations.

Pour y parvenir sans humilier une des parties en conflit, j’invite les autorités du Niger et du Bénin ainsi que leurs soutiens dans les médias et sur les réseaux sociaux à créer les conditions de reprise du dialogue entre les deux États en faisant montre d’humilité dans leurs déclarations et publications respectives.

Ensuite, je prie le Président de la République du Bénin, si l’initiative n’est pas encore prise, de bien vouloir envoyer une délégation composée de leaders religieux et de chefs traditionnels issus des communes frontalières du Niger pour prendre langue avec leurs homologues du Niger et baliser le terrain à la reprise du dialogue au sommet entre les autorités du Bénin et du Niger.

Enfin pour créer les conditions de la nécessaire union sacrée de tous les citoyens béninois en accompagnement de la sortie de crise, j’invite les partis politiques et les personnalités soutenant le Président Patrice Talon à baisser le ton et à concentrer leurs énergies sur l’accompagnement du gouvernement dans la recherche de solutions au lieu de s’en prendre aux voix critiques ou aux partis politiques de l’opposition qui n’approuveraient pas la décision du Président de la République car le patriotisme ne signifie pas unanimité en toutes circonstances.

Autrement, les déclarations de soutien aveugle ou de condamnation systématique de la décision du gouvernement béninois de bloquer l’enlèvement du pétrole nigérien au port de Sèmè ne régleront en rien la situation si ce n’est de contribuer à entretenir les égos des uns et durcir la position des autres pour accroître la souffrance des peuples frères du Bénin et du Niger.

Ensemble, encourageons la reprise du dialogue entre le Bénin et le Niger.

Vive la coopération Bénino-Nigérienne

Vive l’intégration Africaine !

Dieu bénisse l’Afrique !

Ensemble, NOUS LE FERONS !

Daniel Edah

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