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Pensées suicidaires, racisme… Les confidences de Meghan et Harry à Oprah Winfrey

La duchesse a notamment révélé que des membres de la famille royale s’étaient inquiétés de la couleur de peau de son fils Archie avant sa naissance.

Très attendue, notamment au Royaume-Uni, l’interview accordée par le duc et la duchesse de Sussex, Harry et Meghan, à Oprah Winfrey, sur CBS, dimanche 7 mars, va faire l’effet d’une bombe. Le duc et la duchesse de Sussex attendent une fille, ont-ils révélé, leur deuxième enfant après la naissance d’Archie, un garçon, en mai 2019. « Avoir un garçon, puis une fille, que peut-on demander de plus ? » s’est réjoui le prince Harry, qui a épousé Meghan Markle en 2018.

L’épouse du prince Harry, Meghan Markle, qui est métisse, a fait état d’« inquiétudes » au sein de la famille royale britannique sur la couleur de peau de son fils Archie lorsqu’elle en était enceinte, dans une interview explosive diffusée dimanche soir sur CBS aux États-Unis. La duchesse de Sussex a indiqué à Oprah Winfrey que ces propos lui avaient été rapportés par son mari, sans vouloir donner l’identité de la ou des personnes ayant eu cet échange avec Harry parce que « ce serait très dommageable pour elles ». Le prince Harry a été informé « d’inquiétudes et de conversations […] quant à savoir à quel point sa peau [serait] foncée quand il [naîtrait] », a-t-elle dit à Oprah Winfrey à propos de son fils.

La duchesse de Sussex a également indiqué que le palais de Buckingham avait refusé d’accorder une protection à l’enfant, bien que ce soit la tradition. Meghan Markle a aussi révélé avoir eu des pensées suicidaires lors de cette période. « Je ne voulais plus être en vie », a-t-elle déclaré à la présentatrice Oprah Winfrey, les larmes aux yeux.

Meghan Markle accusée de harcèlement

Si l’Américaine de 39 ans a dénoncé une « vraie campagne de dénigrement » de la part de l’institution royale et dit ne pas s’être sentie protégée par la famille royale, l’ancienne actrice a pris garde de ne pas attaquer personnellement des membres de la couronne. Elle a simplement affirmé que, contrairement à ce qui avait été rapporté par la presse britannique, ce n’était pas elle qui avait fait pleurer Kate, la duchesse de Cambridge, mais que l’inverse s’était produit lors d’un incident survenu avant son mariage avec le prince Harry, en 2018. Elle a précisé que Kate s’était excusée peu après.

Mardi, le quotidien britannique The Times avait publié des témoignages accusant la duchesse de Sussex de harcèlement lorsqu’elle vivait encore au sein de la famille royale. Le palais de Buckingham, « très préoccupé », a immédiatement annoncé l’ouverture d’une enquête, une décision inhabituelle pour l’institution peu accoutumée à régler ses conflits en public. Le couple a souvent justifié son départ d’Angleterre par le désir d’échapper à la presse britannique, mais il a aussi laissé filtrer publiquement son malaise au sein de l’institution.

Elizabeth II ne regardera pas l’interview

De son côté, la monarchie britannique a décidé de faire front face à la menace de cette interview choc, offrant quelques heures avant l’intervention des Sussex l’image d’une famille unie lors des célébrations annuelles du Commonwealth. Dans un discours télévisé préenregistré, la reine a souligné l’importance du « dévouement désintéressé et du sens du devoir » dont ont fait preuve les soignants durant la pandémie, un signe que certains ne manqueront pas d’interpréter comme une critique adressée au couple princier.

Selon une source proche de la reine citée par le Sunday Times, Elizabeth II ne regardera pas l’interview de son petit-fils et sera médiatiquement plus présente la semaine prochaine pour montrer que la monarchie « se concentre sur des questions importantes ». Le journal indique aussi que des membres de la cour, qui n’ont pas hésité à qualifier l’interview de « cirque », se préparent à riposter « par de nouvelles révélations » sur le comportement du couple si la monarchie était attaquée.

Le duc et la duchesse ont perdu leurs derniers titres officiels

« Ma plus grande inquiétude, c’était de voir l’histoire se répéter », a expliqué le prince de 36 ans, dans un autre extrait de l’émission spéciale de CBS, référence au destin tragique de sa mère Diana, morte en 1997 dans un accident de la route à Paris alors que son chauffeur tentait d’échapper aux paparazzis. Après avoir confirmé à la reine leur mise en retrait définitive de la famille royale, au terme d’une période d’observation, le duc et la duchesse de Sussex, mariés depuis mai 2018, ont perdu leurs derniers titres officiels en février.

Le prince Harry a également affirmé que son père, le prince Charles, et son frère, le prince William, étaient « prisonniers » du système en tant que membres de la famille royale, une situation qui, a-t-il dit, lui inspire « beaucoup de compassion ». « Mon père et mon frère sont prisonniers » du système, a-t-il dit. « Ils ne peuvent pas le quitter », comme lui l’a fait après avoir réalisé qu’il était lui-même « prisonnier », a-t-il déclaré. Le prince Harry a dit se sentir « vraiment déçu » par son père, le prince Charles, estimant qu’il ne l’avait pas soutenu durant l’épreuve qu’il a traversée. « Je suis vraiment déçu », a expliqué le duc de Sussex, « parce qu’il est passé par quelque chose de similaire. Il sait ce que c’est que la douleur », a-t-il dit lors de son entretien, racontant que le prince Charles avait même refusé, un temps, de prendre ses appels au téléphone. Harry a toutefois précisé qu’il parlait de nouveau à son père.

« Nous avons fait tout notre possible pour que ça marche »

Le prince Harry a aussi assuré que son épouse et lui avaient fait « tout [leur] possible » pour rester au sein de la famille royale. « Je suis triste que ce qui est arrivé soit arrivé, mais je sais […] que nous avons fait tout notre possible pour que ça marche », a-t-il affirmé. « Oh, mon Dieu, nous avons tout simplement fait tout ce que nous pouvions pour les protéger », a ajouté Meghan Markle, à ses côtés. Le couple a annoncé en janvier 2020 qu’il renonçait à son rôle au sein de la famille royale britannique.

Le prince et Meghan Markle se sont mariés en secret trois jours avant la grandiose cérémonie officielle suivie par des millions de personnes à travers le monde en 2018, a-t-elle révélé. « Trois jours avant notre mariage, nous nous sommes mariés », a affirmé la duchesse de Sussex, racontant qu’ils s’étaient dit oui devant l’archevêque de Canterbury, Justin Welby, avant la grand-messe du 19 mai 2018. « Personne ne le sait. Mais nous avons appelé l’archevêque, et nous avons juste dit “Écoutez, ce spectacle, c’est pour le monde, mais nous voulons que notre union soit entre nous” », a-t-elle dit à Oprah Winfrey.

Installé au Canada, puis en Californie, à Montecito, depuis mars, le duo a déjà résolument pris la tangente et capitalisé sur son image de couple moderne, mixte, tourné vers l’humanitaire, dans un pays où l’opinion leur est beaucoup plus favorable qu’en Angleterre.

Une vie « meilleure que tous les contes de fées »

Le prince Harry et son épouse Meghan Markle ont levé un coin du voile sur leur nouvelle vie en Californie, « meilleure que tous les contes de fées que vous avez lus », selon la duchesse de Sussex. Durant l’entretien, le couple a justifié son retrait de la famille royale et son départ du Royaume-Uni par la pression constante des médias britanniques et le manque de soutien des Windsor. Meghan Markle est enthousiaste à l’idée de « pouvoir vivre de façon authentique », avec enfants, chiens et poules, loin de la pompe et du protocole du palais de Buckingham.

Depuis leur déménagement, les époux ont créé leur fondation, Archewell, et se sont notamment engagés à produire des programmes pour Netflix, moyennant 100 millions de dollars, selon plusieurs médias américains, et des podcasts pour Spotify. À cela s’ajoute un partenariat annoncé avec la plateforme Apple TV +, en collaboration avec la présentatrice américaine Oprah Winfrey, qui a dirigé l’interview de dimanche. Le couple vaut de l’or et « Oprah » a vendu, selon le Wall Street Journal, cet entretien entre 7 et 9 millions de dollars à CBS, tout en conservant les droits à l’international, source de juteux revenus, car une bonne partie de la planète attendait ce rendez-vous télévisuel.

AFP

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