Société

Macron giflé : le prévenu en comparution immédiate ce jeudi, la préméditation écartée

Damien T., qui a infligé une gifle à Emmanuel Macron lors de son déplacement à Tain-l’Hermitage mardi, doit passer en comparution immédiate ce jeudi, a fait savoir mercredi soir le procureur de la Drôme dans un communiqué. Le domicile du mis en cause et celui de «l’ami» qui l’accompagnait, Arthur C., ont été perquisitionnés mardi soir. Chez ce dernier, les enquêteurs ont retrouvé des armes à feu ainsi qu’un exemplaire de Mein Kampf, a indiqué le procureur, confirmant les informations du Parisien, BFM TV et CNews.

Damien T., qui a infligé une gifle à Emmanuel Macron lors de son déplacement à Tain-l’Hermitage mardi, doit passer en comparution immédiate ce jeudi, a fait savoir mercredi soir le procureur de la Drôme dans un communiqué. Le domicile du mis en cause et celui de «l’ami» qui l’accompagnait, Arthur C., ont été perquisitionnés mardi soir. Chez ce dernier, les enquêteurs ont retrouvé des armes à feu ainsi qu’un exemplaire de Mein Kampf, a indiqué le procureur, confirmant les informations du Parisien, BFM TV et CNews.

Ils n’ont aucun antécédent judiciaire et ne seraient pas connus des services de renseignement. Le principal suspect était positif au test d’alcoolémie, avaient indiqué plus tôt dans la journée nos confrères de France Info. Lors de son audition, Damien T. a expliqué être proche de la mouvance des gilets jaunes et «avoir des convictions politiques traditionnelles de droite ou d’ultra-droite» sans être membre «d’aucun parti» ni militant «exprimé», précise le communiqué du procureur. Il a reconnu avoir porté un coup au chef de l’Etat et avoir prononcé des paroles dénonçant sa politique. Pour autant, il a soutenu avoir agi par «instinct», «sans réfléchir», dans le seul but d’«exprimer son mécontentement»«A l’heure actuelle, il semblerait que la préméditation ne puisse être retenue dans l’accomplissement de ce geste violent», a ajouté le parquet. Ses comptes sur les réseaux sociaux, explorés par Libération, ont mis en lumière un homme au profil lisse mais passionné par la fachosphère.

Emmanuel Macron lors de son déplacement à Valence, dans la Drôme, mardi.
© Albert Facelly Emmanuel Macron lors de son déplacement à Valence, dans la Drôme, mardi.

Concernant Arthur C., le procureur indique que son implication concernant les faits commis à l’encontre d’Emmanuel Macron «ne peut être retenue». Il sera néanmoins convoqué devant la justice pour détention illégale d’armes.

Dans une vidéo diffusée mardi après-midi sur Twitter et authentifiée par l’entourage du chef de l’Etat, on voit Emmanuel Macron, qui vient de visiter un lycée hôtelier, s’avancer rapidement vers un petit groupe de personnes massées derrière des barrières pour les saluer. Il s’approche alors d’un homme portant un tee-shirt kaki, une barbe noire et une longue chevelure. Saisissant l’avant-bras du Président, l’individu lui porte ensuite un coup sur la joue. L’entourage du chef de l’Etat évoque une «tentative de gifle». Dans cette même vidéo, juste avant la gifle, l’homme pousse le cri de guerre royaliste «Montjoie ! Saint-Denis !» et «A bas la macronie».

«Il faut relativiser cet incident qui est, je pense, un fait isolé» commis par «des individus ultraviolents», a commenté Emmanuel Macron quelques heures plus tard auprès du Dauphiné libéré. Dans la soirée, il s’est à nouveau exprimé sur cet évènement en déclarant : «C’est de la bêtise. Et quand la bêtise s’allie à la violence, c’est inacceptable.»

Mais en descendant de sa voiture à l’improviste mardi dans la Drôme pour aller serrer des mains, avant de se prendre une gifle, le président a pris un risque plus élevé, selon des professionnels. «La sécurité a manqué d’anticipation», «le GSPR [Groupe de sécurité de la présidence de la République, ndlr] s’est laissé dépasser par leur autorité [à savoir le Président] du fait de sa jeunesse et de ce qu’il veut montrer, abonde l’ex-patron du GSPR Christian Prouteau sur Radio Classique. Cette fraction de seconde où l’homme lui prend le bras pose un problème sur ce qu’il pourrait se passer si les intentions avaient été au-delà de l’offense.» Ils devront selon lui effectuer «une remise en question».

Bulle

La sécurité du chef de l’Etat est assurée par les officiers du GSPR, qui établissent une «bulle» autour de lui. Les plus rapprochés sont chargés de le soustraire si besoin. D’autres peuvent faire rempart de leur corps ou interpeller des individus, détaille Pierre-François Degand, officier de securité au Service de protection des hautes personnalités (SDLP), dans le Dauphiné Libéré. En outre, les entrées des sites sont bouclées plusieurs heures à l’avance, tous les entrants filtrés et fouillés et des snipers sont installés sur les toits. Mais Emmanuel Macron, connu pour ses improvisations, sort souvent du parcours prévu et s’approche au plus près.

«Il n’y a pas eu d’alerte particulière» de la part des services de sécurité sur la dangerosité de ce bain de foule, a pourtant assuré ce mercredi le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, démentant une information de BFM TV selon laquelle la sécurité du Président l’avait mis en garde juste avant, lui déconseillant de descendre de voiture.

Gabriel Attal a assuré qu’«évidemment le président de la République, comme les membres du gouvernement, [allait] continuer d’aller au contact, sans filtre, avec les Français» dans le «tour de France» qu’il vient d’entamer.

Critique, le fondateur du GSPR, Alain Le Caro, interrogé par l’AFP, dénonce pour sa part un «manquement». «Pourquoi cet homme était-il là ? Pouvait-on l’en empêcher ? Est-il normal que le Président se mette dans la position d’être frappé ?» s’interroge-t-il. Et d’ajouter : «Sa sécurité ne peut pas l’empêcher d’aller au contact mais peut lui dire d’attendre quelques instants, qu’elle examine la situation.»

«Il n’y a pas de faute, parce qu’au final il n’y a qu’un coup, sans atteinte à l’intégrité physique du Président, nuance Pierre-François Degand. Mais les conseillers en image nous demandent de nous écarter pour privilégier de belles images, d’élargir un peu le cercle. C’est là que ça pose problème.»

Libération/AFP

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