Richard Boni Ouorou écrit à Patrice Talon au sujet de la présidentielle de 2021. A travers une lettre ouverte, le politologue invite le chef de l’Etat, qu’il accuse d’avoir une vision « Nietzschéenne » du monde  à supprimer la Commission électorale nationale autonome et la Cour constitutionnelle pour garantir une présidentielle transparente.  Richard Boni Ouorou revient également sur la tournée de Patrice Talon, dans les communes du Bénin. Détails !!!

Richard Boni Ouorou
Le politologue Richard Boni Ouorou

Objet:  Traitement choc pour fortifier un idéal en berne

Monsieur le Président,

2020 se termine somme toute assez mal, urbi et orbi, et je vois mal comment j’irais candidement de mes bons vœux et des flatteries de circonstance pour introduire ma dernière missive de l’année, d’autant qu’au Bénin le prélude à l’élection présidentielle ne cesse d’être toxique pour la démocratie. De toute évidence, votre équipe de conseillers vous a convaincu de poursuivre dans la même voie, aussi tortueusement machiavélique soit-elle, et je ne peux que m’en désoler.

            Cette période du solstice d’hiver et de concorde (fête de Noël) nous incite néanmoins, dans plusieurs pays, à mettre de l’eau dans le vin de nos critiques, à chercher des avenues de convergence et à faire don de nos bonnes idées. C’est, Monsieur le Président, ce que je tenterai de faire ici. Mais avant de partager avec vous deux ou trois suggestions susceptibles d’améliorer le cours démocratique des choses en vue de l’élection de 2021, notamment en ce qui a trait à la Commission électorale nationale autonome (CENA) et la Cour constitutionnelle du Bénin, permettez que je vous gratifie de quelques considérations politico-philosophiques.

            D’aucuns songent certainement déjà à utiliser un procédé rhétorique d’inspiration marxiste pour disséquer votre Présidence. Ce faisant, ils ne verront dans vos programmes et réformes qu’un vaste système de représentations destiné à convaincre de l’engagement de votre gouvernement à travailler au bien-être des gagne-petit, des pauvres et des paysans alors que, dans les faits, c’est prioritairement et surtout dans l’intérêt des riches et des élites économiques, les vôtres, qu’il s’est activé. Un tel diagnostic porté sur votre gouvernance serait à nuancer, bien sûr, mais il ne serait pas complètement faux pour autant. Votre gouvernance, chose certaine, leur apparaîtra donc fortement idéologique, dans l’acception très restreinte du terme.

            Évidemment, compte tenu du contexte néolibéral actuel et de l’histoire contemporaine du Bénin — l’échec du régime révolutionnaire du capitaine Kérékou est toujours dans nos mémoires —, l’argumentaire marxiste n’a plus vraiment bonne presse et vos équipes de relations publiques et de communication pourraient facilement le discréditer d’entrée de jeu.

            Je ne suis pas moi non plus friand de la doxa issue du matérialisme historique. Cela dit, lors de votre tournée automnale des régions de l’arrière-pays, la seule en cinq ans, vous avez prétendu certaines choses qui m’ont rendu perplexe. Vous avez en effet répété aux gens du peuple combien votre gouvernement a vu concrètement à leur bien-être — comme s’ils ne pouvaient le constater par eux-mêmes, le cas échéant — et combien ils étaient chanceux de pouvoir à nouveau compter sur vos largesses. Dès lors, je n’ai pu m’enlever de la tête l’idée que votre opération de relations publiques avait quelque chose justement de très idéologique (sens marxiste). Car à des populations toujours pauvres et sous-éduquées, à des communes mal-développées économiquement et délaissées, bref, au « Bénin d’en bas », vous êtes allé dire qu’il ne contribuait aux impôts en vain, et ce, qui plus est, à l’heure où les profits générés par l’industrie cotonnière dont vous monopolisez les actifs battent des records.

            Il aurait été, Monsieur le Président, nettement plus approprié non seulement de prendre ce bain de foule régional beaucoup plus tôt en cours de mandat, comme l’ont d’ailleurs fait remarquer de nombreux observateurs politiques, mais surtout d’y écouter véritablement les gens, sans programmer leurs questions; de noter et de retenir ce qu’ils voulaient réellement, ce qui les motivait, ce dont ils avaient besoin… Bref, il aurait été moins « aliénant » pour la masse paysanne de chercher à la comprendre plutôt qu’à la séduire à des fins électorales — car, peu sont dupes, c’est bien ce qui s’est produit : une tournée de campagne avant l’heure.

            Mais bon, ce qui est fait est fait, et il y a sans doute du positif dans votre tardive sortie sur le terrain. Un mois, 54 communes, 12 départements : ce n’est pas rien après tout! Votre « reddition de comptes » a sûrement marqué les esprits, et il n’est pas exagéré de penser que le récit des performances et des réalisations de votre administration en a motivé plusieurs à trimer encore plus dur, quand ce n’est pas à voir en cette dernière la voie de l’espérance et en vous l’artisan de la renaissance du Bénin. Pour ma part, je dois l’admettre, le positif quoique plus modeste s’est déjà manifesté : votre tournée m’a permis de valider la nature fondamentale de votre vision du monde. Elle est nietzschéenne. Je la résume ici.

            Avant 2016, il y eut une longue période au cours de laquelle le Bénin s’est enfoncé dans le nihilisme, dans une sorte de décadence contemporaine, orphelin d’un surhomme capable de briser la posture victimaire prise par le peuple et par certaines de ses élites, tous pétris d’un amour pour la vie faible et souffrante puisqu’étant la seule leur permettant d’être reconnus, de légitimer leur passive médiocrité et, surtout, de mettre la faute sur les autres (l’Occident, les pays riches, le colonialisme, le gouvernement, le FMI, etc.). C’était l’ère du vide. Non pas parce que les Béninois avaient sombré dans l’individualisme narcissique, mais parce qu’ils avaient été amenés à se complaire dans un grégarisme de la complainte. Victimes, ils existaient; ils pouvaient revendiquer (plus de droits, plus de démocratie, plus de partage) et souhaiter recevoir de l’aide, notamment internationale. Le maintien de cette attitude de servilité moralement salvatrice (« le bien est de notre côté ») et la chronicité d’être en droit de réclamer plus (puisque n’ayant rien, peu ou pas assez) ont enraciné dans les âmes béninoises une forme de « rancune des faibles » faite à la fois de ressentiment et de mauvaise conscience. Coincé à ruminer ses revendications, pris dans le souvenir du passé, l’Homme du Bénin nouvellement démocratique n’avait rien à quoi s’accrocher hormis son statut d’exploité auréolé des fantasmagories d’usage (Progrès, Consommation, Bonheur, Dieu…).

            Mais contre toute attente, vous êtes arrivé au pouvoir, à la fois riche, maître de vous-même et déjà fort d’être libéré de toute conviction, hormis celle selon laquelle ce n’est pas parce qu’on souffre qu’on a raison. L’heure de la rupture avait sonné : fini la culpabilité et la culture victimaire made in Bénin. Affranchi vous-même de cette contrainte, vous aspiriez à ce que le peuple fasse de même. Oui l’existence est difficile, mais pour avoir la vie dure, base de tout dépassement, il faut ressentir le besoin d’être fort. Et ce besoin, vous aviez l’intention de lui insuffler. D’où votre grand programme de transfiguration du réel béninois, immense chantier digne des puissants. Grâce à ce projet titanesque proposé en même temps qu’imposé au peuple pour les dix ans à venir, ce dernier n’aurait plus à se mendier un avenir. Du reste, il y serait plongé. Fini dès lors les élucubrations passéistes, les commémorations et les devoirs de mémoire. La vie est tragique, certes, elle laisse des stigmates, mais il faut savoir oublier pour conserver sa puissance d’agir, il faut savoir faire table rase des automatismes hérités pour être capable de se projeter en avant. Refonder et voir plus grand, voilà ce qui est nécessaire; briser les conditionnements, voilà ce qui est requis pour augmenter la « force plastique » de l’Homme béninois… quitte à écorcher au passage quelques lois et conventions.

            Cette inspiration nietzschéenne — pas forcément exécrable — a transpiré de votre gouvernance jusqu’en 2020 et, Monsieur le Président, elle s’est bien fait sentir lors de votre tournée régionale. Certains de vos propos étaient on ne peut plus révélateurs : « Notre ambition légitime était de prouver enfin que nous ne sommes pas condamnés à la fatalité, de donner la preuve que notre destin est enfin entre nos mains ». / « J’ai la conviction que notre pays est déjà un autre pays. […Qu’il est] en réalité une grande nation au vu de notre capacité à faire face à nos destins, à nos besoins de manière durable, d’assurer notre survie, d’inscrire notre action comme notre développement dans l’éternité ». / « On ne demande pas à un chef de faire des miracles, le miracle, c’est chacun de nous qui le faisons. Ce n’est pas le travail d’une génération, ce n’est pas le travail d’un mandat. Mais si on ne commence pas un jour, on n’y arrivera jamais. Et j’ai décidé de commencer ».

            Je ne vais pas montrer ici les apories de la pensée nietzschéenne, ni les risques et dangers de la prendre au pied de la lettre à des fins politiques, l’espace me manquerait. Cela dit, je retiens de Nietzsche qu’il nous a également prévenus : le sens vient à manquer quand les déceptions s’accumulent, quand l’exclusion s’éternise et quand de toutes les avenues annoncées, aussi asphaltées soient-elles, aucune ne rejoint le quotidien de misère. Sans fondement sur lequel faire reposer leurs espoirs, des gens peuvent alors pour ne plus voir le néant se jeter dedans : intégrisme, criminalité, drogues dures…, mais aussi acceptation de tout (y compris le totalitarisme) dans une sorte de relativisme suicidaire tant à l’échelle individuelle que collective.

            La grandeur, la volonté de puissance, la responsabilisation, la valorisation du risque, le dépassement des petites habitudes, etc., ces principes peuvent étoffer des discours emballants et s’avérer profitables. Le problème, c’est que l’histoire récente a montré que dans tout système économique de type néolibéral, celui que vous avez adopté, Monsieur le Président, ces principes ont surtout conduit à un accroissement des inégalités sociales et à la paupérisation du plus grand nombre. Vivre chroniquement exclus, sans leviers ni filets sociaux, c’est long et désespérant quand bien même les dirigeants sont charismatiques, la Marina resplendissante et le PIB en hausse! Heureusement, il reste un environnement où puiser le sens que requiert l’existence pleine et saine, où trouver ce qui fait éviter le faux et le vide : la démocratie.

            En démocratie, effectivement, les choses peuvent et changent pour le mieux et pour tous. Mais il faut que ce soit une démocratie véritable, non factice, avec toute la rigueur, la transparence, les libertés et la solidarité que ce système politique exige. Une telle démocratie, prenez-en note, n’empêche pas la présence d’un leader fort et inspirant aux commandes de la nation, pourvu qu’il soit lui aussi authentique, qu’il joue franc jeu et non sur les apparences. Pour avoir la valeur et la tragique exceptionnalité du héros, s’il doit être énergique, ce leader doit également faire preuve de fair-play. Nonobstant ses visées de croissance et d’essor pour son peuple, un tel surhomme doit gagner à la régulière, c’est-à-dire de manière légitime pour ainsi dire…, démocratiquement.

            Or, c’est là justement où ça bat de l’aile au Bénin sous votre direction. D’une part, Monsieur le Président, vous cachez toujours vos réelles intentions pour l’élection de 2021 dans une sorte d’attentisme comptable nourri des calculs coûts/bénéfices de vos conseillers (revenir officiellement sur un serment est-il plus ou moins dommageable que de paraître velléitaire?). D’autre part, vous pipez les dés en laissant des dispositions du code électoral faire indirectement un travail d’éviction préventive afin que vous n’ayez pas, le cas échéant, à vraiment batailler pour la victoire (parrainage d’élus).

            Qui plus est, toujours de manière détournée, on vous a conseillé de faire blanchir l’opération par la Commission électorale nationale autonome (CENA), laquelle s’est sentie fière autant que soulagée de décider que le parrainage se ferait sous anonymat. Le moins qu’on puisse dire de la CENA, c’est qu’elle cache mal sa naïveté… ou sa fausse indépendance puisque vous et l’Assemblée nationale — toute déséquilibrée qu’elle est avec 83 députés de la mouvance — êtes à sa manœuvre. Mais il était quand même touchant d’écouter votre Louis Gbèhounou Vlavonou prendre l’affaire de haut et y aller de sa profession de foi : « Pour nous, il n’y a pas d’ambiguïté dans la mesure où l’article 80 de la Constitution dit que le député est l’élu de toute la Nation entière et qu’il n’a donc pas de mandat impératif. Cela signifie à notre niveau que le député étant l’élu de la Nation, il est libre d’agir ès qualités pour exprimer sa volonté de parrainer qui il veut. J’estime donc que la CENA est dans nos murs pour avoir la même compréhension que nous et qu’elle n’est pas venue nous expliquer la loi que nous avons votée. Je pense que c’est très important de dire que c’est pour se mettre en synergie avec l’esprit qui a prévalu pendant le vote de cette loi… ». Plus l’œil est faible, plus est grand le domaine du bien, disait aussi Nietzsche.

            Dès lors que faire? Je vous conseille ceci, en toute cohérence nietzschéenne : soyez un pont, Monsieur le Président, et non un terme. Soyez créateur d’un réel renouveau en permettant au Bénin de se désangoisser de l’absurde. À cet égard, vous pourriez commencer par donner — c’est ma première suggestion — un grand coup de pique à la CENA. Des élections présidentielles transparentes et justes demandent un tel geste de bravoure. La CENA doit de toute urgence être abolie. Tel un système œuvrant davantage à se maintenir qu’à réaliser ce pour quoi il a été conçu, cette nébuleuse paragouvernementale affiche une complexité improductive. Depuis l’acceptation des candidats jusqu’au (tardif) dépouillement de scrutin, les mesures et les réformes qui y sont créées ne donnent au final qu’un processus sujet au contrôle et à la méfiance des acteurs politiques.

            En remplacement, c’est à l’administration publique béninoise (qui a grand besoin de montrer qu’elle peut être efficace et utile aux administrés) d’organiser des élections modernes et neutres. D’ailleurs, la sociologie politique l’a démontré, la fonction publique n’est pas propice à un noyautage partisan décisif dans la mesure où s’y retrouvent des salariés de toutes allégeances politiques. Des individus peuvent y magouiller, certes, mais dans le cadre de l’organisation et de la surveillance de toutes les facettes d’une élection, la majorité et la diversité des nombreux fonctionnaires engagés — et qui sont au demeurant des citoyens attachés, sinon aux valeurs de justice et de vérité et aux principes républicains, du moins à quelque fondement moral ou religieux — sont un gage de neutralité. D’autant qu’un tel mandat d’opérationnalisation démocratique ne serait pas fermé au droit de regard des parlementaires, lesquels pourraient voter les garanties légales nécessaires à la complète transparence de la prise en charge. Bref, il ne peut y avoir au sein de l’administration publique un « cabinet noir » tout puissant et capable de fausser la donne électorale sans que les partisans de l’opposition et les autres agents publics n’en soient au courant. Je comprends que les théories du complot sont à la mode, mais quand même! Penser qu’il est possible d’ourdir en parallèle un tel détournement d’élection par fonctionnaires interposés, voilà qui relève beaucoup plus de la propagande pro-CENA que de la raison.

            Nonobstant ce qui précède, Monsieur le Président, vous me feriez remarquer que rien ne se passe dans le réel qui correspond rigoureusement à la logique, et que la politique est un univers chaotique partiellement contrôlé, que je ne vous contredirais pas. Cela dit, sentir qu’une résistance est en train d’être surmontée a de tout temps fait croître le bonheur. Or, en tant que dirigeant ultime, votre bonheur est lié à celui de la population béninoise en général, laquelle se réjouirait probablement de savoir que vous posez des gestes extraordinaires susceptibles de venir à bout de ce qui est réfractaire à la démocratie. Par conséquent, comme autre démonstration de force salvatrice en vue de la prochaine élection, je vous suggère fortement de renouveler et de libérer complètement la Cour constitutionnelle dont la structure actuelle, avec à sa tête un président non-publiciste (Joseph Fifamè Djogbénou) qui, par surcroît, est votre avocat personnel depuis des années, donne l’impression, encore une fois, que vous ne jouez pas franc jeu, que vous tirez les ficelles afin d’assurer votre second mandat. Qui plus est, cette cour n’est plus que l’ombre d’elle-même en termes d’expertise depuis le départ de M. Maurice Ahanhanzo-Glèlè.

            Et puis, il y a le fait que la Cour constitutionnelle fait davantage mal paraître le Bénin hors de ses frontières. Je fais allusion ici, Monsieur le Président, à l’arrêt rendu le 4 décembre dernier par la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples (CAfDHP) contre l’État béninois et dont les injonctions sont ignorées par la Cour constitutionnelle. Déjà que violer le droit à la vie, le droit de ne pas être soumis à la torture et le droit au respect de la dignité humaine (en référence à la crise postélectorale des élections législatives de 2019) — la CADHP vous reproche indirectement de l’avoir permis — était loin d’être édifiant, si en plus vous laissez la Cour constitutionnelle s’enfoncer dans le déni, alors là il faut dire au revoir au prestige et à la grandeur! Du reste, Monsieur le Président, avant de vouloir « inscrire la nation dans l’éternité », il vaudrait mieux commencer par corriger le manque d’indépendance du pouvoir judiciaire au pays, comme la CAfDHP le dénonce également, et faire cesser toute violation du principe de consensus national (révision constitutionnelle touchant l’éligibilité des candidats à la présidentielle). La Cour constitutionnelle se condamne elle-même en ne cautionnant pas ces blâmes venus de plus haut qu’elle, elle confirme sa dépendance aux basses pratiques. Res ipsa loquitur.

            En terminant, je vous le redis, Monsieur le Président, ce sont les belles victoires et les vainqueurs méritoires qui rendent le peuple heureux et énergique. Vous avez par le passé donné votre parole que vous ne feriez qu’un seul mandat, un serment sacré que vous êtes sur le point, semble-t-il, de fouler aux pieds. Les Béninois en seraient irrités. Mais, tout endurcis qu’ils puissent être, une grande anémie risque de suivre leur colère si vous persistez à leur offrir une course électorale n’ayant de monumental que son imposture.

Avec le respect dû à vos fonctions,

Richard Boni OUOROU

Politologue-consultant

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