Des internautes soupçonnent le chef de l’Etat d’avoir orchestré son agression pour susciter la sympathie et créer une « diversion ». Aucun élément n’accrédite cette thèse

L’épisode de la gifled’Emmanuel Macron, un coup de comm’ ? L’agression du président de la République mardi dans la Drôme n’a pas tardé à alimenter des théories farfelues voire complotistes sur les réseaux sociaux. Quelques heures à peine après le fameux soufflé, Tristan Mendès-France, spécialiste du complotisme et chercheur associé à l’Université de Paris, remarquait ainsi sur Twitter « un inévitable réflexe pavlovien d’une partie de la complosphère » française, criant instantanément à la manipulation.

Sa publication, accompagnée de quatre captures d’écran montrant des tweets anonymisés, dévoile des théories de haut vol. On y lit par exemple que l’agresseur du président serait « un acteur engagé pour victimiser Macron qui ne parvient pas à remonter la pente, malgré tous ses efforts ». Ou encore que la poignée de main d’Emmanuel Macron – qui a saisi l’avant-bras gauche de son assaillant avant qu’il ne le gifle – ne serait pas naturelle et prouverait que la séquence est un « fake ».

Ces théories sont relayées par des figures complotistes populaires sur les réseaux sociaux. A l’instar du chanteur Francis Lalanne, qui a sous-entendu dans un tweet que la séquence ne serait qu’une diversion pour mieux faire accepter le pass sanitaire entré en vigueur le lendemain, ce mercredi.

Pourtant, rien ne prouve que l’agression du président serait une mise en scène et qu’il tirerait un quelconque intérêt de cette séquence. 20 Minutes fait le point.

FAKE OFF

Le Drômois de 28 ans qui a giflé Emmanuel Macron se nomme Damien T. Contrairement à ce qu’il est possible de lire sur les réseaux sociaux, cet homme n’est pas un acteur en manque de rôle engagé par l’Elysée. Habitant de Saint-Vallier, une commune du nord de Valence, ce passionné d’histoire, de jeux de rôles et d’arts martiaux historiques européens vit de petits boulots d’intérim. Il aurait également commencé une formation de thanatopraxie dans le passé, sans la terminer, rapporte l’AFP.

France InfoLe Parisien et Libération ont scruté les réseaux sociaux de Damien T. à la recherche d’informations. Son activité sur Internet démontre son intérêt pour des figures de la fachosphère en ligne et une certaine sympathie pour la mouvance citoyenne des « gilets jaunes ». Testé positif à l’alcool au moment de son interpellation, selon France Info, Damien T. n’a toujours pas fait connaître les raisons de son geste, mais assure qu’il n’était pas prémédité, rapporte  BFMTV.

Pourquoi cette gifle n’a rien de positif pour le président ?

« Une chose est sûre : cette gifle n’a rien d’un coup de communication réussi pour le président de la République. Ce n’est cohérent ni avec son image, ni avec ses objectifs », indique à 20 Minutes Philippe Moreau-Chevrolet, expert en communication politique et professeur à Sciences Po Paris. « Il faut bien comprendre que cette séquence l’humilie et désacralise la fonction présidentielle alors même qu’il est en pleine campagne électorale », ajoute-t-il. La presse étrangère, à laquelle Macron est très sensible, n’a d’ailleurs pas manqué de reprendre l’information, qui a immédiatement fait le tour du monde. On a connu plus flatteur.

Autre élément d’analyse de cette séquence : le bain de foule du président était improvisé, a fait savoir son entourage à 20 Minutes. L’Elysée, embarrassé par l’incident, a immédiatement tenté de minimiser les faits, arguant que « le coup de l’agresseur n’avait pas porté » et avait été dévié par le personnel de sécurité du président. « Le style de la présidence d’Emmanuel Macron est extrêmement théâtral. S’il avait voulu tirer parti de cette gifle, il n’aurait pas invité à « relativiser l’événement » auprès du Dauphiné libéré, comme il l’a fait après les faits », fait valoir Philippe Moreau-Chevrolet.

En outre, une autre vidéo filmée montre que le président Emmanuel Macron s’apprête, après avoir été frappé, à répliquer au coup de Damien T. avant d’être éloigné par son équipe de sécurité. « Ces vidéos sont déjà mauvaises pour l’image du président, indique Moreau-Chevrolet. Elles seraient devenues franchement catastrophiques si en plus de s’être fait frapper, Emmanuel Macron avait été à la castagne… »

20Minutes.fr

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